UM6P Science Week 2026 : la science en convergence

Article par Redaction | 30 mars 2026 |

L’Université Mohammed VI Polytechnique ouvre aujourd’hui la sixième édition de sa Science Week, manifestation scientifique annuelle conçue comme un temps fort de la vie académique de l’université. Jusqu’au 5 avril, l’événement réunit chercheurs, enseignants et étudiants autour d’une interrogation centrale proposée par la direction scientifique : celle des convergences.


La Science Week répond à une double intention institutionnelle. D’une part, elle offre à chaque département de l’UM6P un espace de présentation de ses travaux et de ses résultats, dans une logique de mise en visibilité des recherches menées sur le campus. D’autre part, elle institue un moment de réflexion collective sur les frontières mêmes de la science, selon une formule qui alterne conférences de haut niveau, débats interdisciplinaires et programmations portées par les étudiants.

Le choix du thème « CONVERGENCE(S) » pour cette édition 2026 traduit un constat partagé par les organisateurs : les avancées scientifiques les plus significatives émergent aujourd’hui souvent des interfaces entre disciplines. Ce constat est mis à l’épreuve à travers l’ensemble des sessions, qui associent systématiquement plusieurs unités académiques. La convergence entre nanomatériaux et médecine, entre sciences agricoles et sciences de l’environnement, ou encore entre intelligence artificielle et éducation, structure ainsi une partie notable du programme.

L’édition 2026 réunit plus de cent scientifiques et experts internationaux de premier plan. Parmi eux, le professeur Victor J. Dzau, Président de l’Académie nationale de médecine des États-Unis, apporte son expertise en gouvernance des systèmes de santé et en politiques de recherche biomédicale. Le Professeur Omar M. Yaghi, lauréat du prix Nobel de chimie 2025 et pionnier des réseaux métallo-organiques (MOFs), intervient sur le rôle des matériaux avancés dans la transition énergétique et environnementale. Steve Levine, fondateur du Living Heart Project, présente les avancées en modélisation numérique du vivant et en « jumeaux virtuels ». La Professeure Paula A. Harrison, du Centre britannique d’écologie et d’hydrologie et Coprésidente de l’évaluation Nexus de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), apporte une perspective intégrée sur les interactions entre biodiversité, climat et décision publique.

« L’institution universitaire est souvent pensée comme un lieu de conservation et de transmission. Elle est aussi, et peut-être d’abord, un lieu de création. Création de connaissances, bien sûr, mais aussi création d’un rapport au monde, d’une manière de poser les questions, d’une capacité à ne pas se satisfaire des réponses toutes faites. À l’UM6P, nous avons fait le choix d’assumer cette dimension créatrice. Cela suppose de ne pas séparer la recherche de l’enseignement, la formation de l’innovation, le laboratoire de la société. Cela suppose aussi d’accepter que l’excellence ne soit jamais acquise, qu’elle se reconquiert chaque jour par le travail. La Science Week est l’un des moments où cette conception de l’université devient visible. Non pas comme une vitrine, mais comme une mise à l’épreuve : celle de notre capacité à faire dialoguer des disciplines, à confronter des points de vue, à produire une connaissance qui ne reste pas enfermée dans ses propres murs, » a souligné Hicham El Habti, Président de l’UM6P.

La programmation des cinq jours suit une structure constante. Les matinées sont consacrées à des sessions parallèles organisées par les départements, souvent en co-construction. Les après-midis prolongent ces échanges sous forme de tables rondes ou d’ateliers, tandis que les soirées accueillent des projections documentaires ou des moments plus informels. Cette architecture vise à concilier deux objectifs parfois perçus comme antagonistes : la diffusion des résultats de recherche les plus récents et la création d’un espace de dialogue ouvert où les étudiants peuvent interroger les implications éthiques et sociales des avancées scientifiques.

La Science Week s’adresse à la communauté de l’UM6P mais reste ouverte à un public extérieur. Elle participe ainsi à l’ambition plus large de l’université visant à ancrer le Maroc dans le paysage scientifique international. Les sessions prévues cette année mobilisent des intervenants issus d’institutions variées, allant de laboratoires de recherche européens à des organisations professionnelles spécialisées dans les transitions agricoles ou énergétiques.

La clôture, prévue le 5 avril, sera marquée par une conférence sur la convergence des arts. Cette dernière doit également permettre de dévoiler le thème de l’édition 2027, perpétuant ainsi une tradition de transmission et d’anticipation qui caractérise l’événement depuis ses débuts.